Une femme sur trois passe encore à côté d’opportunités de carrière à cause du manque de confiance en elle

GRAND-BIGARD – Une femme sur trois souffre encore d’un manque de confiance en elle lors de négociations salariales. En comparaison, seul un homme sur cinq est concerné par ce problème. C’est ce qui ressort d’une étude menée par le spécialiste du recrutement Robert Half, publiée à l’occasion de la Journée internationale de la femme, le 8 mars.

Vous connaissez sans doute ce sentiment. Dès que vous voulez parler d’une augmentation de salaire, le stress vous envahit immédiatement. Une femme sur trois doute tellement d’elle-même qu’elle préfère tout simplement éviter le sujet. Du début de leur carrière jusqu’à devenir cadres expérimentées, la crainte de « demander trop » reste souvent présente chez les femmes. Selon Marie-Claire Olyslager, Senior Director chez Robert Half, cette réticence est souvent injustifiée.

« Je vois souvent des femmes douter de leurs propres capacités, minimiser leurs performances ou se sous-estimer », explique madame Olyslager. « C’est vraiment dommage, car cela peut nuire considérablement à leurs perspectives d’évolution au cours de leur carrière. À la différence de ce que j’observe chez beaucoup d’hommes, les femmes pensent souvent que leurs employeurs finiront par remarquer leur travail. C’est vrai dans certains cas, mais pas toujours ni partout. Les femmes doivent comprendre qu’elles peuvent à juste titre d’être fières de leurs réalisations, et que la confiance en elles joue également un rôle dans la mesure où l’employeur reconnaît et récompense de manière appropriée leur contribution. »

Le fossé de confiance ne date pas d’hier

Ce phénomène est loin d’être nouveau. Aux États-Unis, le « confidence gap » fait l’objet d’études depuis des années, notamment à la Harvard Business School. Des femmes au parcours professionnel exemplaire ont également parlé ouvertement de ce doute intérieur. Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, a admis que lorsqu’elle était jeune avocate, elle craignait de paraître trop sûre d’elle. Dans notre pays, la chanteuse Axelle Red, la créatrice de mode Inge Onsea et l’économiste Véronique Goossens ont parlé des doutes qu’elles ont eus au cours de leur carrière quant à leur capacité à s’affirmer.

« Cette réticence chez les femmes n’a rien à voir avec leur ambition », souligne Marie-Claire Olyslager, « mais elle est due aux modèles sociaux profondément ancrés. Les hommes apprennent à revendiquer leur valeur, tandis que les femmes ont plutôt tendance à attendre ou à espérer que leur travail parle de lui-même. »

La confiance en soi s’apprend

Il y a toutefois aussi une bonne nouvelle : la confiance en soi peut être acquise facilement. Avec une préparation consciente et de petits ajustements comportementaux, les femmes peuvent négocier avec plus de conviction. Il ne s’agit donc pas d’un talent inné, mais d’une compétence qui s’apprend.

« Tout commence par les connaissances et la préparation », affirme madame Olyslager. « Si vous connaissez votre valeur sur le marché et que vous pouvez justifier votre contribution à l’aide d’exemples concrets, vous aborderez la discussion en position de force. Entraînez-vous à présenter votre argumentaire, dites-la à haute voix et considérez-le comme une reconnaissance de la valeur que vous apportez. La confiance en soi n’est pas toujours innée. Elle se développe avec l’expérience et la certitude que vous avez le droit de revendiquer cette valeur. »

Engagez la conversation

Robert Half encourage les femmes à reconnaître ouvertement leur valeur, tout en appelant les employeurs à adopter des structures salariales transparentes et à encourager les conversations ouvertes.

« L’environnement a une influence sur la confiance en soi », conclut madame Olyslager. « Une culture dans laquelle la rémunération et la croissance sont ouvertement discutées permet non seulement de réduire l’écart entre les hommes et les femmes, mais aussi de donner à tous les employés la possibilité de se développer en toute confiance. »

 

 


Mieke Van Eyck

Freelance PR manager, Robert Half

 

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