Passer de spécialiste à manager :
l’expertise métier à elle-seule ne suffit pas

GRAND-BIGARD – Les attentes envers les managers intermédiaires ne cessent d’augmenter et les compétences métier ne suffisent souvent plus. Les responsables doivent également être capables d’encadrer et de faire évoluer leurs collaborateurs, de prendre des décisions et de veiller à la réalisation des objectifs de l’entreprise. « Les entreprises doivent oser faire preuve de plus de discernement quant aux personnes promues à des postes de management », explique Solange Meunier, Director chez Robert Half. « Le meilleur spécialiste ne deviendra nécessairement pas le meilleur manager. »
Lorsqu’un collaborateur évolue vers une fonction managériale, son métier peut changer du jour au lendemain. Ce dernier passe d’être principalement responsable de son propre travail et de ses résultats, à la responsabilité d’encadrer toute une équipe.
« Nous sous-estimons parfois ce changement », explique Solange Meunier. « Promouvoir un excellent spécialiste à une fonction managériale peut sembler être l’étape suivante logique. En réalité, il se voit confier un autre métier avec des compétences très différentes. L’expertise reste bien entendu importante, mais un manager doit aussi savoir communiquer, déléguer, donner du feedback et prendre des décisions difficiles. Une personne très compétente dans son domaine ne sera pas nécessairement aussi à l’aise avec ces nouvelles responsabilités. »
Spécialiste ou manager ?
Selon Robert Half, les entreprises doivent donc également réfléchir aux différents parcours d’évolution qu’elles proposent à leurs collaborateurs, et ne pas se concentrer uniquement sur les possibilités d’évolution vers le management. Il est donc nécessaire de commencer par comprendre comment les collaborateurs voient l’évolution de leur carrière, plutôt que de partir du principe qu’un poste de manager constitue la suite logique pour tout le monde.
« Les entreprises ont besoin à la fois d’excellents spécialistes et de bons managers », poursuit Solange Meunier. « Si le management devient la seule manière de progresser dans sa carrière, elles risquent de retirer des collaborateurs de fonctions dans lesquelles ils excellent. Les spécialistes doivent eux aussi pouvoir évoluer, assumer davantage de responsabilités et être récompensés et reconnus pour leur contribution, sans pour autant devoir gérer une équipe. »
Qu’est-ce qui fait un « bon manager » ?
Pour celles et ceux qui évoluent vers une fonction managériale, les priorités changent. Leur expertise reste une base importante, mais un responsable doit aussi savoir mettre ces connaissances au service de la performance de toute une équipe. Dans un environnement qui évolue rapidement, il est tentant de parfois privilégier l’expertise métier et technique lors de la sélection de nouveaux managers. Or, c’est précisément dans ce contexte que les compétences en communication gagnent en importance.
Les équipes ont besoin de responsables capables de donner le contexte derrière des changements, d’expliquer clairement la direction prise par l’entreprise et d’embarquer leurs collaborateurs dans cette évolution. À mesure que les technologies et les postes évoluent, les managers doivent également continuer à développer leurs propres compétences et aider leurs équipes à s’adapter et à acquérir celles dont elles auront besoin à l’avenir. La technologie peut les soutenir dans certaines tâches administratives ou analytiques, mais elle ne se substitue pas à leur responsabilité envers les personnes ni à la prise de décision.
« Lors d’une promotion, les entreprises ne doivent donc pas seulement se demander si une personne est prête à franchir une nouvelle étape, mais surtout si elle est prête à exercer un autre métier », conclut Solange Meunier. « Un bon manager ne doit pas nécessairement être le meilleur spécialiste de son équipe. Il doit avant tout savoir dans quelle direction l’équipe doit aller, oser prendre des décisions et veiller à ce que chacun puisse effectuer son travail dans de bonnes conditions. Les entreprises doivent accorder une attention toute particulière à ces qualités au moment de choisir leurs futurs managers. »
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Mieke Van Eyck



