Faire défiler les offres d’emploi à l’infini ? Voici le « doomjobbing »

GRAND-BIGARD – Parcourir offre d’emploi après offre d’emploi, envoyer des dizaines de candidatures et avoir malgré tout l’impression de ne pas avancer. Selon Robert Half, un nombre grandissant de chercheurs d’emploi se reconnaissent dans un phénomène désormais connu à l’international sous le nom de « doomjobbing ». À l’instar du doomscrolling, ce dernier consiste à chercher et à postuler sans arrêt, sans pour autant obtenir de meilleurs résultats.
Grâce aux sites de recherche d’emploi, à LinkedIn et aux alertes emploi, les opportunités professionnelles n’ont jamais été aussi nombreuses et accessibles. Un avantage, certes, mais cela pousse aussi les candidats à comparer sans cesse les annonces, à les faire défiler et à postuler toujours plus – sans véritable objectif.
« Nous rencontrons régulièrement des candidats qui consacrent beaucoup de temps à leur recherche d’emploi, sans avoir une vision claire de la direction qu’ils souhaitent donner à leur carrière », explique Solange Meunier, Director chez Robert Half. « La motivation est bien présente, mais le lien entre leurs points forts et les postes auxquels ils postulent fait parfois défaut. Résultat : certains envoient des dizaines de candidatures avec très peu de succès. »
Postuler davantage ne signifie pas pour autant plus d’opportunités
Selon Robert Half, réussir sa recherche d’emploi ne dépend pas uniquement de la persévérance, mais aussi de la capacité à cibler les opportunités.
« Les candidats qui envoient vingt candidatures, ou plus, et qui essuient systématiquement des refus ont tout intérêt à prendre un moment pour analyser leur démarche », poursuit Solange Meunier. « Ont-ils suffisamment étudié l’offre d’emploi ? Leur expérience correspond-elle réellement aux attentes de l’employeur ? Et quelle valeur ajoutée peuvent-ils apporter concrètement ? Faire l’impasse sur cette réflexion mène souvent à de la frustration. »
Parallèlement, les employeurs sont soumis à une pression croissante pour recruter rapidement les bons profils. Les candidatures sont donc évaluées plus rapidement et elles font même déjà l’objet d’un premier tri automatisé dans de nombreuses entreprises.
« Aujourd’hui, un recrutement prend plus de temps en moyenne qu’il y a quelques années. Pour certaines fonctions spécialisées, le processus peut durer jusqu’à quatre mois, voire plus en cas exceptionnel », précise Solange Meunier. « Les employeurs reçoivent également un volume de candidatures bien plus important, ce qui les amène à filtrer plus rapidement en fonction des critères du poste. Une candidature trop générique a donc moins de chances de franchir cette première étape de sélection. »
L’intelligence artificielle joue également un rôle dans cette évolution. Grâce à l’IA générative, les candidats peuvent aujourd’hui créer un CV en quelques secondes ou une lettre de motivation qui semble parfaitement correspondre à une offre d’emploi. La démarche de candidature est plus simple, mais cela complique le travail des employeurs qui peinent davantage à distinguer les candidats les uns des autres.
La qualité prime sur la quantité
Selon Robert Half, une approche plus sélective reste la plus efficace.
« Quatre candidatures solides produisent souvent de meilleurs résultats que vingt candidatures génériques », conclut Solange Meunier. « L’objectif final est de décrocher un seul emploi. Les candidats qui ciblent des fonctions réellement en adéquation avec leur expérience et leurs ambitions augmentent généralement leurs chances de trouver le bon match. »
Comment éviter le doomjobbing ?
- Choisissez des offres d’emploi qui correspondent réellement à votre expérience et à vos ambitions, sauf si vous envisagez délibérément une réorientation de carrière.
- Prenez le temps d’adapter votre CV et votre lettre de motivation à chaque fonction.
- Ne cédez pas à la tentation de répondre à toutes les offres qui vous semblent intéressantes.
- Utilisez l’intelligence artificielle comme un outil d’aide, mais veillez à ce que votre candidature reflète réellement votre expérience et votre personnalité.
Contact presse :
Mieke Van Eyck


